Quelques nouvelles sur le front du logement, à Strasbourg
Les élections municipales de Strasbourg en 2008, ont grandement tournées autour du problème du logement. La municipalité PS/Verts c’est engagée à construire plusieurs milliers d’habitations, pour loger les 20 000 personnes à la recherchent d’une solution décente.
Un groupe d’une petite dizaine d’organisations se sont réunies pour proposer des solutions concrètes aux élus de Strasbourg. Une des propositions phare, consiste à organiser la rénovation d’une grande partie des 10500 logements privés libres.
Il est à noter que ce groupe de travail n’a pas pour l’instant creusé du côté du parc locatif public, mais mes oreilles me chuchotent, qu’il y a du boulot de ce côté-là aussi.
Mais en attendant la deuxième réunion prévue le 20 de ce mois, je vous transmet ci-dessous un appel de soutien venant du DAL.
Que cette affaire rappelle aux responsables de notre cité, que l’on ne cache pas la misère si facilement sous le tapis. Qu’ils s’attellent plutôt au plus vite au problème du logement, car toutes utilisations de la force publique pour empêcher la légitime expression des citoyens, ne résoudra pas le problème, mais sera comptabilisé pour les prochaines échéances électorales…
Soutien à celles qui défendent une famille sans abri !
Depuis près de quatre semaines, deux femmes campent devant le bâtiment de la communauté urbaine pour soutenir une famille sans abri. Par cette action, elles veulent mettre la lumière sur les mauvais traitements que subissent de nombreuses familles d’origine ROM dans notre cité. La municipalité qui se targue de pratiquer le dialogue démocratique avec ses citoyens utilise des méthodes indignes pour éloigner cette misère devenue trop visible. A plusieurs reprises les policiers municipaux sont intervenus “virilement” envers ces personnes, pratiquent des contrôles d’identité à répétition et s’en prennent avec le courage qui les caractérise aux tentes des campeurs !
Dans la continuité du dialogue démocratique, la municipalité a saisi le tribunal d’instance pour exiger le départ de ces femmes qui défendent une cause que l’on aimerait voir portée par des élus qui se prétendent défendre des valeurs humanistes. Le tribunal convoque les campeurs ce vendredi matin.
Nous soutenons le combat de ces femmes pour le relogement d’une famille avec deux jeunes enfants. Nous exigeons avec elles que les élu-e-s de la capitale de l’Europe se saisissent du problème des familles Roms. Nous demandons aux citoyennes et citoyens , aux militant-e-s associatifs et syndicaux, aux élu-e-s des partis politiques de venir les soutenir devant la communauté urbaine dans leur juste combat.
Contact Dal 67: info@dal67.org
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June 12th, 2009 at 3:41 pm
Bonjour à tous,
Depuis quatre semaines trois tentes sont installées devant le centre administratif, place de l’Etoile.
Deux militantes de l’association DAL (Droit au logement) soutiennent une famille bulgare, turcophone, en demande de logement. Ce couple et leurs deux enfants scolarisés (11 et 17 ans) souhaitent rester en France. Cette action est un geste de solidarité et de conviction dont personne ne remet en compte les fondements généreux. Il est regrettable aujourd’hui que ces personnes aient à faire face au pouvoir judiciaire suite à ces actions.
Actuellement, sans droit au séjour, la demande d’hébergement de cette famille est dans l’impasse.
Leur situation, difficile, ressemble à celles de 100, 200 (et plus) personnes à la rue à Strasbourg.
Toutes ont en commun le même souhait : pouvoir vivre sous un toît, 24 heures sur 24, sortir du précaire, abandonner la caravane ou la tente. Mais le parcours et l’histoire de chacune d’elle, en révélant des situations individuelles très diverses, parfois complexes, vont provoquer des cheminements différenciés vers l’hébergement éventuel, souvent périlleux, toujours hasardeux, et parfois sans réponse.
Le droit au logement pour tous est un droit fondamental mais il n’a pas même force de réalité pour tous sur notre territoire.
Les causes en sont multiples, dont l’insuffisance de logements accessibles. Mais de façon aigüe actuellement, la situation juridique des personnes est une des raisons majeures du nombre important de sans-toît à Strasbourg. Parmi elles, les déboutés du droit d’asile, des Rroms extra-européens, mais aussi des Européens migrants, parfois Rroms, comme cette famille.
Les Européens sont libres de circuler à l’intérieur des frontières de l’Union.
En France s’ils ne travaillent pas, à moins d’avoir une couverture maladie privée ou dans le pays d’origine, ils n’ont aucun droit si ce n’est dérogatoire. Sans le droit au séjour, et du fait d’une position dure des services de l’Etat, ils ne peuvent accéder ni aux droits communs (notamment pour l’hébergement) ni aux aides sociales. Il ne reste alors que l’hébergement d’urgence (assuré par l’Etat), précaire et instable, et l’aide sociale d’urgence, humanitaire ou caritative, qui permettent le répit et un point d’appui.
Ces familles, ces personnes vivent des situations intenables.
Elles sont soutenues par l’action des associations humanitaires, caritatives, éducatives très présentes et très actives. L’intervention des services sociaux de la ville ou les aides dérogatoires du conseil général accompagnent ces parcours. L’hébergement d’urgence permet des répits. Tous ces acteurs cherchent à démêler les situations.
Adjointe au Maire en charge des affaires sociales et des solidarités, je sais que la situation à Strasbourg est grave. 100, 200 Rroms à la rue ? Et les autres ? Et combien à venir ? Comment empêcher l’installation de campements de fortune et trouver des réponses dignes pour les citoyens, y compris les migrants de passage, dans notre ville qui est un véritable symbole européen ? Voilà une priorité politique à laquelle sont de fait associés l’Etat et le Conseil Général.
Je reste solidaire de ces situations et lorsque l’opportunité se présente d’offrir un répit, tout est mis en œuvre pour que cela soit effectif. Mon axe de travail prioritaire reste aujourd’hui de négocier avec les services de l’Etat que j’ai interpellés afin de dégager des pistes de sortie par le haut de cette situation.
Marie-Dominique DREYSSE
adjointe solidarité social santé
03 88 60 99 55
June 12th, 2009 at 7:34 pm
Strasbourg le 12 juin 2009
En réponse au mail : « depuis quatre semaines trois tentes sont installées devant le centre administratif, place de l’Étoile »
Quand les lois sont iniques et injustes il faut s’y opposer, les contourner, il faut agir non plus dans le sens des pouvoirs qui les promeuvent, mais agir pour faire respecter les Droits de l’Homme, et notamment le Droit au Logement : résister !
Il y a des logements vacants à Strasbourg. 10 500 d’après l’INSEE et les Verts-Strasbourg. Des listes de ces logements vacants existent, il suffit de choisir. Ce sera toujours plus économique que l’hôtel, qui ne convient pas aux familles, mais que la collectivité est prête à payer, beaucoup plus cher qu’un logement social. Le droit de réquisition existe depuis 1945, modifié depuis par différentes autres lois, mais toujours en vigueur. Le Droit Local reprend ces dispositions et oblige chaque collectivité à porter secours aux démunis.
Les solutions pour loger les personnes contraintes de vivre dans des conditions misérables ne sont pas faciles, mais se réfugier derrière des lois iniques, injustes est injustifiable.
Des solutions provisoires existent en attendant qu’elles deviennent. pérennes, par exemple : les bâtiments du 6, rue de la Carpe Haute, avec leur terrain boisé de 3 hectares, appartient à la Ville depuis une quinzaine d’années. Ces Bâtiments pourraient recevoir plusieurs familles en attendant des solutions plus pérennes. On peut douter que le Préfet aille contrecarrer une décision de la Ville d’ouvrir à des malheureux ses propres bâtiments. C’est dans cette même logique que l’on a laissé se dégrader au point de devoir le démolir l’ancien hôtel Mercure (confort 3 étoiles), alors qu’il aurait suffi d’investir dans un gardiennage et quelques aménagements pour le transformer en foyer d’hébergement.
Alors quoi, on laisse pourrir ?
Micha et Francine Andreieff