February 15th, 2009 by P. M
Je pense qu’il est intéressant de vous le faire lire, car il reflète, des propos ou des idées, qui circulent dans les groupes que je fréquente.
Pour ma part je pense qu’il oubli de citer un problème bien Strasbourgeois, j’ai nommé le
PMF et dans une moindre mesure - puisque non constitué en parti à Strasbourg - le Sionisme. Ces deux autres composantes nationaliste/religieuse, ont fait parler d’elles pendant le conflit de Gaza, chacune à sa manière…
Pour plus d’informations sur les réactions à Strasbourg, sur cette période, lisez les sites suivants :
Schlomoh et
Azad
Les annotations du Curieux dans le texte sont en [ Rouge ], Ce sont soit des précisions soit des informations que je complèterais plus tard. Le signe [?] veut dire qu’il faut éclaircir le propos.
Pour les non Alsaciens : DNA = Dernière nouvelles d’Alsace, le grand journal local.
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LA JUSTICE ET LES LIBERTES SONT GRAVEMENT MENACES
La justice et les libertés sont gravement menacés, comment réagir?
Qui accepterait de revivre le régime de Vichy ?
Et pourtant…
Il y a un an ou deux, la ligne de démarcation avec l’extrême droite et les porteurs d’idées fascistes, nationaux ou locaux, était claire. Il y avait d’un côté le Front national (FN) et Alsace d’abord (AA) et de l’autre côté, ceux qui se référaient aux valeurs républicaines et démocratiques ; nous n’oublions cependant pas que ces frontières étaient parfois poreuses, et que des passerelles existaient….
Quelle est la conception de l’extrême droite de la société française ?
Pour Le Pen : «La France, c’est cette subtile fusion de trois héritage d’une même origine, un héritage celte, un héritage latin et un héritage germanique […] La France stricto-sensu est née à l’aube du Moyen âge de l’union subtile du vieux fonds indo-européen et du christianisme. Ces facteurs biologiques, culturels et spirituel, firent que notre peuple resta homogène durant des siècles et put connaître le développement harmonieux qui fut le sien.» Ou encore : «Cette France pour laquelle nous nous battons au quotidien […] remonte aussi loin que notre sang», jusqu’aux dresseurs de dolmens, «cette race qui […] a posé sa marque face à l’immensité et face à l’éternité. Dans nos veines soudent encore leurs mémoires.»
On voit bien que, pour Le Pen, la nation française est une nation ethnique, car homogène, avec des facteurs biologiques déterminés, caractérisée par son sang et sa race. Plus précis que moi, tu meurs!
A quelques semaines du XIIe colloque du Conseil scientifique du FN en 1996, le FN édite «Alternative nationale», les priorités du Front national, un livre de poche de 260 pages,
présenté par Bruno Mégret, qui dit, entre autres, «Pour être viable, la République doit se fonder sur la nation souveraine. Et une nation n’est souveraine qu’à condition de se fonder sur un peuple, un vrai.»
Tout dépend de ce qu’on entend par «vrai peuple»!
Toujours selon les «théoriciens» de l’extrême droite : «La démocratie ne peut en effet se réaliser avec une simple collection d’individus sans liens entre eux, et encore moins avec
une juxtaposition de groupes ethniques différents ou possédant des références culturelles incompatibles. Il lui faut, pour naître et s’épanouir, le creuset d’un peuple authentique [c’est Mégret qui souligne] c’est-à-dire une communauté d’hommes et de femmes qui se reconnaissent mutuellement comme proches les uns des autres par la langue, la foi, le sang et l’histoire.»
Il s’agit sûrement de la foi chrétienne intégriste, bien représentée au sein du Front national. Les fois juive ou musulmane n’ont pas leur place dans la république de l’extrême droite.
Dans un document intitulé: «Contrat pour la France avec les Français: Le Pen président», on lit : «Il conviendrait donc de réexaminer les conditions d’octroi de la nationalité française aux 250 000 étrangers et immigrés naturalisés français depuis 1974», voire les «nombreux immigrés [à qui] des pratiques illégales ont permis, depuis 30 ans, […] d’obtenir la nationalité française.»
Il va de soi que ces déclarations cachent la vraie nature de l’extrême droite qui, si elle accédait au pouvoir, ferait comme les nazis, cherchant à éliminer physiquement tous ceux qui ne sont pas de dociles «indo-européens».
[ Affirmation à argumenter : Des méthodes de gouvernement plus subtiles, mais néanmoins de natures "d'extrême droite" peuvent être utilisées - Par exemple des politiques d'apartheid - sans pour autant utiliser les massacres de masse ]
Chers amis, vous allez me dire: «pourquoi cette longue introduction ?»
Electoralement, l’extrême droite a été laminée et, pour l’instant, ne représente plus de danger.
Certes, mais peut-être vous souvenez-vous des «Assises régionales contre l’extrême droite» de Justice et Libertés qui se sont tenues le 11 mars 2006. Les DNA du 12 mars, avaient donné pour titre à leur compte- rendu de ces assises: «Le Pen peut vaincre sans arriver au pouvoir». Vivons-nous, actuellement, cette situation ?
En effet, l’élection de Nicolas Sarkozy au poste de président de la République, a créé une étrange atmosphère dans le pays. Les pratiques du pouvoir en place, en matière de libertés de la presse, de laïcité, des libertés publiques, d’éducation, de justice, laissent penser que l’équipe Sarkozy applique progressivement le programme de l’extrême droite.
Le Monde du 15 mai 2007 publiait un article de PASCALE SANTI [Journaliste spécialiste des médias au Monde], intitulé : «Nicolas Sarkozy inquiète les médias». On pouvait y lire: «La victoire de Nicolas Sarkozy pose des questions dans de nombreuses rédactions. En cause, les amitiés entretenues par le nouveau président de la République avec des hommes d’affaires présents dans les médias comme Arnaud Lagardère, dirigeant du groupe du même nom (Elle, Paris Match, Journal du dimanche, Europe 1,…), Serge Dassault, propriétaire du Figaro, Alain Minc, président du conseil de surveillance du Monde, Martin Bouygues, propriétaire de TF1, Vincent Bolloré (Matin plus, Direct 8), ou Bernard Arnault, propriétaire de La Tribune…».
La journaliste rajoute: «Il y a un an, Alain Genestar, directeur général de la rédaction avait été licencié pour avoir publié en une, le 25 août 2005, une photo de Cécilia Sarkozy au côté du publicitaire Richard Attias. (…) Nicolas Sarkozy a montré qu’il aimait contrôler les choses. (…) L’inquiétude de fond est que les perquisitions, les instructions, les interrogatoires…deviennent la routine» dit François Malye, président du Forum permanent de sociétés de journalistes, qui regroupe les sociétés de 25 rédactions. Il fait référence à la tentative de perquisition au Canard enchaîné, vendredi 11 mai 2007.
Nous nous souvenons également des propos de Nicolas Sarkozy qui disait: «Je sais déjà ce que je ferai sitôt à l’Elysée: je m’occuperai personnellement de Jean-François Kahn [président de Marianne à l’époque].»
Que dire de l’interpellation musclée de l’ex-directeur de la publication de Libération, Vittorio de Filippis? «Il n’y a pas de précédent en France, aucun directeur de publication n’a subi ce que j’ai subi», a affirmé Vittorio de Filippis. En effet, vendredi 28 novembre 2008, le journaliste a été interpellé sans ménagement, à son domicile, vers 6h30 par des policiers et insulté devant l’un de ses deux fils âgés de 10 et 14 ans. Il sera acheminé menotté et sera enfermé et déshabillé à deux reprises avant d’être conduit devant la juge. Sur RTL mardi 2 décembre, François Bayrou, président du MoDem, qualifie l’interpellation de «déploiement de violence, de brutalité, en tout cas d’irrespect» (LM [?] du 3/12/08). En décembre 2008, un journaliste a été empêché de prendre en photo l’interpellation d’un lycéen manifestant par la police (à Lyon).
La presse, qui est depuis longtemps mal en point, et souvent servile, voit son champ d’indépendance et de liberté de parole se restreindre.
Le 20 décembre 2007, Nicolas Sarkozy fut intronisé, par le Pape, chanoine honoraire de la basilique du Latran. Prenant la parole à Rome, il rend hommage aux «croyants» et parle de la supériorité supposée du curé sur l’instituteur. Il fustige la «laïcité à la française» qu’il aimerait voir remplacée par une «laïcité positive». Même s’il n’ose pas encore toucher aux équilibres institutionnels ou législatifs, il ne se prive pas de souhaiter, en janvier 2008, faire entrer au Conseil économique, social et environnemental des religieux (LM du 20/12/08).
Confortant les prises de paroles plus audacieuses de certains religieux, le cardinal français Jean- Louis Tauran, responsable du dialogue inter religieux, a reconnu le 27 novembre: «ce sont les musulmans qui, devenus en Europe une minorité importante, ont demandé de l’espace pour Dieu dans la société» (LM du 20/12/08). Ainsi, toutes confessions confondues, les religieux entendent peser sur les débats liés à la révision des lois de bioéthiques, en rappelant leur «vision anthropologique de l’homme» (Stéphanie Le Bars- LM du 20/12/08).
Concrètement, les scientologues ont déjà su trouver une oreille favorable à l’Elysée [ Qui ? quoi ?]. Quant à l’Opus Dei, elle pousse ses pions dans les sphères du pouvoir (entre autre, autour de Xavier Darcos).
Ces propositions reflètent la pression exercée par la réaction nationale, qui trouve des oreilles attentives à l’Elysée. La «laïcité positive» de Sarkozy, c’est le retour en arrière, à l’avant 1905, au contrôle de l’Eglise sur la vie publique.
En matière éducative, les dégâts causés par les soi-disant réformes de l’éducation nationale sont déjà considérables: suppression des postes, manque de moyens, classes surchargées,
élitisation de l’Education. L’Education nationale périclite au profit du secteur privé. Les syndicats enseignants sont marginalisés et la casse de l’Education nationale est imposée.
Darcos se veut même «surveillant général» lorsqu’il lance, le 15 octobre 2008, son appel d’offre pour une «veille de l’opinion». Son objectif: «identifier (sur internet, dans les médias) les sources stratégiques structurant l’opinion. Repérer les leaders d’opinion, les lanceurs d’alerte. Anticiper et évaluer les risques de contagion et de crise », etc.
C’est la version Education nationale de feu les fichiers Edvige, transformés, plus tard, en fichier Edvirsp, qui permettrait de ficher les mineurs dès 13 ans, ou tout individu susceptible
de porter atteinte «à la sécurité publique», notion trop floue.
C’est dans un tel climat sécuritaire que la garde des sceaux justifie la décision de fixer à 12 ans l’âge de la responsabilité pénale. Rachida Dati estime que la sanction pénale à partir de l’âge de 12 ans relève même du «bon sens»! (DNA du 04/12/08).
Sarkozy va plus loin. Dans un discours, il engage l’hôpital psychiatrique dans un tournant sécuritaire: fichier, géo localisation, nouvelles structures fermées.
Angelo Poli, qui préside le Syndicat des psychiatres d’exercice public, a jugé qu’il s’agit d’un «discours inquiétant: cela n’a pas de sens, depuis 20 ans on abat les murs de l’hôpital et aujourd’hui on les reconstruit. C’est un total retour en arrière» (LM du 04/12/08).
Il faut dire que Sarkozy régente la France comme le Ministre de l’Intérieur qu’il a été, obligeant la police à faire du chiffre (quitte à trafiquer et à interpréter les chiffres), [ Affirmation à documenter ]
inventant pour chaque délit, pour chaque événement une nouvelle loi, sans promulguer d’ailleurs les décrets d’application des lois précédentes, composant une sorte de millefeuilles liberticide et m’as-tu vu. Certains analystes [ qui ? ] n’hésitent pas à parler de lettres de cachet, quand l’arbitraire règne dans la «justice».
Pour une pancarte, vous pouvez être condamné pour «offense au chef de l’Etat»; mais c’est toute l’action syndicale et politique que l’on criminalise, cherchant par quelques exemples, à impressionner et à décourager les autres!
Que dire de l’«ultragauche» de Tarnac? Jeunes incarcérés [ Pour terrorisme en savoir plus ? ] sans preuve, 7 des neuf accusés ont été libérés. Deux jeunes croupissent encore en prison. Selon Maître Irène Terrel,
avocate, la décision du Parquet de paris, opposé à la libération de Julien Coupat «n’est pas conforme aux exigences légales du droit français en premier lieu desquelles figurent le respect de la présomption d’innocence et son corolaire, la liberté qui doit être la règle et la détention provisoire l’exception » (DNA du 27/12/08).
L’histoire a montré à de nombreuses reprises que la lutte contre le terrorisme ne faisait pas reculer le terrorisme, mais qu’il faisait bel et bien reculer la démocratie! [ Affirmation à documenter ]
Ainsi, dans une déclaration intitulée «Non à l’ordre nouveau», des intellectuels connus ont protesté contre l’incarcération sans preuve des jeunes de Tarnac. Selon eux: «En réalité, pour nous tous cette affaire est un test. Jusqu’à quel point allons-nous accepter que l’antiterrorisme permette n’importe quand d’inculper n’importe qui ? Où se situe la limite de la liberté d’expression? Les lois d’exception adoptées sous prétexte de terrorisme et de sécurité sont-elles compatibles à long terme avec la démocratie ?
Sommes-nous prêts à voir la police et la justice négocier le virage vers un ordre nouveau?» (LM du 28/11/08). [ Un ordre nouveau ? ]
Il y a tant de choses à écrire à propos de l’administration de Sarkozy. Au vu de ses pratiques, comment qualifier le système sarkozyste, dont l’«axe du mal» se compose des syndicats, des journalistes, des juristes, des étudiants, des scientifiques et des immigrés?
VISA [?], qui regroupe des militant(e)s de la FSU, de la CGT, de la CFDT et de SOLIDAIRES, définit ainsi le pouvoir actuel: «Le véritable programme de Sarkozy est un programme national-libéral, teinté de populisme (recours à l’homme providentiel, thématique de l’identité nationale, exaltation de la valeur «travail»…). Les politiques en matière de justice, d’immigration, l’instauration des tests ADN, la loi sur le service minimum… voilà autant de passerelles vers les idées fascistes.»
Sarkozy, lors de sa campagne, a prétendu «chercher les électeurs du FN un par un» (ça lui a mieux réussi que la croissance).
Son gouvernement donne des gages aux nostalgiques de Pétain: Brice HORTEFEUX a ainsi organisé un sommet européen à Vichy (les 3 et 4 novembre dernier, la dernière de ce niveau a eu lieu en 1944), prétendant que les Vichyssois ne devraient pas être éternellement stigmatisés. Il a envoyé un signal complice aux nostalgiques de la collaboration et du [ III eme ] Reich, puisque ce sommet de Vichy concernait, bien sûr, l’immigration!
Justice et Libertés, comité de vigilance contre l’extrême droite, ne peut plus se contenter de prendre position face au Front national, Alsace d’abord et consorts. Un changement radical de nos pratiques s’impose. Nous ne pouvons plus rester sans voix devant la misère sociale qui gagne du terrain, les libertés menacées, voire piétinées dans certains cas, et le spectre rampant du fascisme en France.
Quels doivent être nos objectifs?
Quelle orientation emprunter, sans empiéter sur les prérogatives des partis politiques ou des syndicats?
Le débat est ouvert.
Ali
14/01/09