Pourquoi un comité de soutien aux embastillés de Tarnac ?
Les premières questions qui me sont venues aux oreilles sont ; Pourquoi se préoccuper de cette affaire, alors qu’il y a tant d’autres choses importantes à défendre, comme : (vous pouvez sauter la lecture de la liste si vous êtes militant)
L’école de qualité pour tous, les retraites par répartition, le logement d’urgence ou pas, la redistribution des richesses (et du travail), la fin des guerres, la fin des famines, le problème de l’accès à l’eau, le traitement correct des maladies rares ou pas, la lutte contre les pollutions néfastes envers la santé et la nature (O.G.M, traitements agricoles, gaz de combustions, eaux usées, nucléaire…), la lutte contre le réchauffement climatique, la lutte contre les violences (faite aux femmes, faite aux enfants, routière… ), de l’esclavage moderne, la lutte contre les dictatures, la liberté de la presse, des paradis fiscaux (blanchissement d’argent, vol des impôts), des trafiques en tous genres ( traite des humains, d’organes, d’animaux…), la place des handicapés dans notre société, la lutte contre les tortures, la surpopulation dans les prisons, le respect des minorités, l’indépendance de la justice, la lutte contre le fichage généralisé, le respect des droits des réfugiés et tant d’autres sujets, que j’ai certainement oubliés.
Je vous réponds, parce que :
- Le principe de présomption d’innocence a été gravement bafouée par les médias et le gouvernement.
- Que le mode de vie, l’engagement politique, a été utilisé comme argument important des incriminations gouvernementales et médiatiques.
- Que des lois d’exceptions ont été utilisées pour des délits de droit commun.
- Que cela fait suite à de nombreux autres faits liberticides ces dernières années.
- Et que ça présage de la suite de traitement, des prochains conflits sociaux, par les grands médias et le gouvernement.
Comme je vous l’ai dit dans mon billet précédent ; les libertés, politique, syndicale, sont des droits fondamentaux, permettant une lutte de tous les jours, sur tous les sujets, du plus petit au plus grand.
Que la présomption d’innocence, une instruction honnête, sans influence du pouvoir politique, permet des procès plus juste.
C’est pour ces raisons qu’il est très important de ne pas lâcher sa vigilance sur cette histoire.
Je précise enfin, que le problème n’est pas de savoir, s’ils sont coupables ou innocent(e)s, ou si les actions de sabotage sont légitimes (pour ma part, je trouve ça stupide, dans notre système politique).
Il est sûr que le comité de soutien ne devrait pas s’occuper de ça, mais plutôt d’initier des débats et réflexions sur la défense de nos libertés.
P. M
PS : La prochaine réunion aura lieu vendredi 19 décembre 2008 à La Hache, rue de l’Ancienne Douane.
Posted in Politique, Strasbourg |

December 19th, 2008 at 2:13 am
merci pour cet article très bien vu
January 12th, 2009 at 1:03 pm
Le Comité Tarnac-Strasbourg se réunit vendredi 9 janvier à 18h au café La Hache, rue de l’Ancienne Douane, pour préciser les actions à entreprendre pour leur libération immédiate et la levée de toutes les inculpations, et préparer la journée d’action du 21 janvier, (jour anniversaire de la décapitation de Louis XVI…) de 17 à 19 h place Kléber, à Strasbourg.
January 20th, 2009 at 6:38 pm
Mobilisation pour les inculpés de TARNAC mercredi 21 janvier 2009 de 17 à 19h - place Kleber à Strasbourg
January 31st, 2009 at 11:41 pm
Des photos et vidéos pour ceux qui n’ont pas pu venir : http://www.int13.net/france/index.php/2009/01/31/155-manifestation-de-soutien-a-julien-coupat-et-autres-inculpes
C’était top, bien 2000 personnes, beaucoup de bruit, bonne ambiance malgré quelques arrestations sur la fin apparemment.
February 5th, 2009 at 3:10 am
LE MONDE | 02.02.09 | 14h16 • Mis à jour le 03.02.09 | 09h38
Plus de deux mois après l’opération à grand spectacle menée par la police dite “antiterroriste” sur le plateau de Millevaches, que reste-t-il du battage orchestré par les autorités gouvernementales ?
On avait annoncé le démantèlement d’un dangereux réseau de terroristes de l’ultragauche, baptisés “anarcho-autonomes”, dont les actes de sabotage mettaient en danger des milliers de vies. Des centaines de policiers avaient investi, à l’aube du 11 novembre, le paisible village de Tarnac en Corrèze, pour y arrêter un groupe de jeunes gens qui, on l’a appris peu à peu au gré de fuites distillées, avaient pour premier tort de ne pas bien penser et de ne pas vivre comme tout le monde : lisant des livres jugés subversifs, menant une vie qualifiée par le parquet de “dissolue”, n’ayant pas - circonstance aggravante - de téléphone portable, et donc plus difficiles à écouter à leur insu, ces dangereux révoltés ont été présentés comme les auteurs de dégradations récurrentes du réseau de caténaires alimentant les trains en électricité. Ils étaient, en réalité, si “clandestins” qu’ils géraient l’épicerie du village et étaient appréciés de tout le voisinage…
Au nom de lois d’exception qui depuis vingt-trois ans sacrifient le respect de l’Etat de droit à la gesticulation antiterroriste, on a mené une sorte d’opération de commando militaire ; on a violé la présomption d’innocence et le secret de l’instruction en ne communiquant à la presse que des éléments à charge et souvent déformés, dont certains, de surcroît, n’étaient même pas communiqués aux avocats des personnes interpellées ; on a qualifié d’actes terroristes des actes qui, s’ils ont retardé des trains et causé un préjudice à la SNCF, n’ont menacé la vie de personne. On a soumis ces jeunes gens à une garde à vue de 96 heures, on les a mis au secret et traités comme des détenus à très haut risque.
Heureusement, la justice a peu à peu contribué à décrédibiliser la dramatisation politico-policière. Au bout de quelques semaines, du réseau terrifiant annoncé (déjà réduit à cinq mises en examen), il n’est resté qu’une personne en détention provisoire. Yldune Lévy, malgré l’acharnement d’un parquet tenu de près, a été à son tour libérée. Mais Julien Coupat, présenté comme le “chef” de ces “anarchos-autonomes” (au nom d’une conception assez hiérarchisée de l’anarchie…) reste derrière les barreaux, sans doute pour tenter de masquer l’inanité de la thèse ministérielle initiale. Ce qui ne relève en rien des motifs de recours à la détention provisoire tels que les énonce le code de procédure pénale.
Plus les jours passent, et plus cette affaire évoque, non pas la lutte, évidemment nécessaire, contre le terrorisme, mais la volonté de faire admettre une extension insoutenable du champ de cette notion. Le “terrorisme” ne peut se définir sérieusement que comme le fait de chercher à terroriser les populations civiles par des actes de violence dirigés contre les personnes. Si les dégradations des caténaires doivent sans aucun doute faire l’objet de poursuites, rien ne justifie une assimilation qui étend potentiellement à l’infini le champ de lois d’exception déjà détestables dans leur principe. Et ni un mode de vie atypique ni des opinions minoritaires ne font de ces jeunes gens des délinquants.
La mise en scène de Tarnac n’est que l’aboutissement d’une stratégie de communication définie dans une circulaire ministérielle de juin 2008 lançant la chasse aux fantomatiques “anarchos-autonomes”. Comment expliquer autrement la communication illégale et très sélective à des journalistes de pièces du dossier classées “secret défense”, ainsi que l’argument sidérant selon lequel la participation à une manifestation parfaitement légale à Vichy contre la politique de l’immigration constituerait un indice de culpabilité de l’une des personnes arrêtées ?
On voit comment une procédure d’exception, mise au service de postures politiciennes, débouche sur la violation de principes fondamentaux de l’Etat de droit : la disproportion évidente entre les moyens mis en oeuvre et la situation réelle sur le terrain reflète la distorsion délibérée de la qualification d’acte terroriste ; la méconnaissance des limitations légales du recours à la détention provisoire ne sert qu’à tenter de justifier la dramatisation initiale de la présentation ministérielle de l’opération.
La violation massive de la présomption d’innocence ne vise de même qu’à persuader l’opinion de l’importance et de la gravité prétendues de l’affaire. Justice et politique ne font pas bon ménage ; lois d’exception et respect des droits non plus. Les habitants de Tarnac et des alentours en ont fait une expérience qu’ils ne sont pas près d’oublier. Tôt ou tard, la gestion invraisemblable de cette affaire politico-judiciaire devra revenir au traitement raisonnable de ses proportions réelles. Le plus tôt, non seulement pour Julien Coupat et pour les autres personnes visées, mais aussi pour nos libertés à tous, sera le mieux.
Anne-Cécile Antoni, présidente de l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT) ;
Martine Billard, députée de Paris ;
Jean-Louis Borie, président du Syndicat des avocats de France ;
Nicole Borvo Cohen-Seat, sénatrice de Paris ;
Bernadette Bourzai, sénatrice de Corrèze ;
Patrick Braouezec, député de Seine-Saint-Denis ;
Daniel Cohn-Bendit, député européen ;
Jean-Pierre Dubois, président de la Ligue des droits de l’homme ;
Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts ;
Noël Mamère, député de Gironde ;
Emmanuelle Perreux, présidente du Syndicat de la magistrature ;
Jack Ralite, sénateur de Seine-Saint-Denis ;
Martine Roure, députée européenne, vice-présidente du Parlement européen.
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February 15th, 2009 at 10:05 pm
[...] dire de l’«ultragauche» de Tarnac? Jeunes incarcérés [ Pour terrorisme en savoir plus ? ] sans preuve, 7 des neuf accusés ont été libérés. Deux jeunes croupissent encore en prison. [...]
February 27th, 2009 at 12:13 am
HéHé ça ne vous rappelle pas quelque chose ?
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Communiqué de presse du 26 février 2009
Procès Colonna : Justice ou raison d’état ?
Lors du procès en première instance en 2007, Yvan Colonna a été condamné à la réclusion à perpétuité. Désigné « coupable » par les plus hautes autorités de l’Etat avant même d’être arrêté, il a toujours clamé son innocence.
La Fédération Internationale de Droits de l’Homme qui avait commissionné des observateurs au procès en première instance a dénoncé dans son rapport : « un ensemble de manquements dans les règles présidant au respect de la présomption d’innocence, des fautes ou des imprécisions dans l’instruction et la fragilité des éléments retenus à charge » et exprimé des réserves sur le système de la cour d’assises spéciale, composée uniquement de magistrats, pour les affaires de terrorisme, soulignant l’absence de preuves matérielles et une instruction à charge ne respectant pas la présomption d’innocence.
Depuis l’ouverture du procès en appel le 9 février, les révélations et les coups de théâtre se succèdent mettant en évidence de nombreuses carences dans le dossier d’instruction et venant corroborer les remarques déjà émises par la FIDH concernant les manques graves au respect des droits de la défense.
Les Verts réaffirment qu’en démocratie la raison d’Etat ne doit en aucun cas se substituer à la Justice sous peine d’entraîner son discrédit.
L’assassinat du Préfet Erignac est un crime odieux et justice doit être rendue. Cela implique que toute la lumière soit faite et que les procédures soient irréprochables
La Corse et la République en ont besoin.
Djamila Sonzogni, Jean-Louis Roumégas,
Porte-parole
October 5th, 2009 at 8:59 pm
[...] Comme d’habitude l’argument de “je n’ai rien à me reprocher est avancé”. Je rappelle simplement que la police est au service du pouvoir et que le pouvoir n’aime pas la contestation. Il l’a encore prouvé récemment en France avec le fichier EDVIGE, la gestion de la manifestation de Colmar (3000 CRS pour 10 000 manifestants pacifistes) et l’utilisation quant bon lui semble de cet outil pour surveiller tous les militants d’une ville, l’arrestation pour terrorisme de petits contestataires des champs. [...]